# Quel logiciel de masque solaire gratuit pour vos études d’ensoleillement ?
L’analyse de l’ensoleillement constitue aujourd’hui une étape incontournable dans la conception de projets architecturaux, l’installation de systèmes photovoltaïques ou encore l’optimisation énergétique des bâtiments. Avec l’essor des énergies renouvelables et les exigences croissantes en matière de performance énergétique, la maîtrise des masques solaires – ces obstacles qui interceptent les rayons du soleil – devient un enjeu majeur pour les professionnels du bâtiment, les bureaux d’études et même les particuliers avertis. Heureusement, l’accès à des outils performants ne nécessite plus forcément un investissement financier conséquent. De nombreuses solutions gratuites permettent désormais de réaliser des études d’ensoleillement précises et professionnelles. Ces logiciels offrent des fonctionnalités avancées pour calculer l’irradiation solaire, visualiser les ombres portées tout au long de l’année et optimiser le positionnement des capteurs solaires.
Les critères techniques pour choisir un logiciel d’analyse d’ensoleillement gratuit
Avant de vous lancer dans l’utilisation d’un outil spécifique, il convient d’identifier précisément vos besoins et de comprendre les caractéristiques techniques qui distinguent les différentes solutions disponibles. Un logiciel adapté vous permettra non seulement de gagner du temps, mais également d’obtenir des résultats fiables qui serviront de base à vos décisions techniques et financières. Les critères de sélection varient selon que vous travaillez sur un projet résidentiel modeste ou sur une installation solaire de grande envergure.
Moteur de calcul des ombres portées et précision géométrique
Le cœur d’un logiciel d’étude d’ensoleillement réside dans son moteur de calcul des ombres portées. Cette fonctionnalité détermine avec quelle précision l’outil peut simuler les zones d’ombre générées par les obstacles environnants – bâtiments, arbres, relief – à différentes heures de la journée et périodes de l’année. Les algorithmes les plus performants intègrent la réfraction atmosphérique et prennent en compte la variation de la distance Terre-Soleil tout au long de l’année. Un bon logiciel doit également gérer la notion de transmittance atmosphérique, qui quantifie l’atténuation du rayonnement solaire lors de sa traversée de l’atmosphère. Cette transmittance varie selon l’altitude du site, la hauteur du soleil dans le ciel et la turbidité de l’air, des paramètres cruciaux pour obtenir des résultats réalistes.
La précision géométrique se mesure aussi à la capacité du logiciel à calculer avec exactitude les coordonnées solaires – azimut et hauteur – pour n’importe quelle localisation géographique. Les meilleurs outils s’appuient sur des algorithmes astronomiques validés scientifiquement, comme ceux développés par le National Renewable Energy Laboratory (NREL), qui garantissent une marge d’erreur inférieure à 0,01° sur les positions solaires. Cette précision devient déterminante lorsque vous devez évaluer l’impact d’un masque solaire lointain créé par le relief montagneux ou anticiper les périodes d’ombrage sur une installation photovoltaïque.
Compatibilité avec les données climatiques EPW et fichiers météorologiques
La qualité d’une étude d’ensoleillement dépend largement des données climatiques utilisées comme base de calcul. Les fichiers EPW (E
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eather files) constituent aujourd’hui un standard dans la simulation énergétique du bâtiment. Ils contiennent heure par heure les valeurs d’irradiance directe et diffuse, la température, l’humidité relative ou encore la vitesse du vent. Un logiciel de masque solaire vraiment utile doit donc être compatible avec ces fichiers climatiques, ou à minima avec les bases de données météo de référence comme Meteonorm ou PVGIS. Cette compatibilité permet de passer d’une simple visualisation d’ombres à une véritable étude d’irradiation solaire sur une surface donnée.
Lorsque l’outil accepte directement les fichiers EPW, vous pouvez aligner vos études d’ensoleillement sur les mêmes hypothèses climatiques que vos simulations thermiques ou vos calculs de charge de refroidissement. C’est un point clé pour les projets BIM et les études réglementaires. À l’inverse, un logiciel qui se limite à un « ciel clair » théorique, sans prise en compte des nuages ni des statistiques météorologiques, conviendra surtout pour des comparaisons relatives (avec / sans masque, changement d’orientation) mais pas pour un dimensionnement énergétique précis. À vous de voir si vous cherchez une vision pédagogique ou un support de calcul chiffré.
Capacité de modélisation 3D du bâti environnant
Un autre critère déterminant est la capacité du logiciel à représenter en 3D le bâti environnant et les reliefs qui forment les masques solaires. Plus la modélisation est fidèle, plus l’analyse d’ensoleillement et le calcul des ombres portées seront pertinents. Certains outils se contentent d’un plan 2D avec des hauteurs de bâtiments, d’autres proposent un véritable environnement 3D intégrant toitures inclinées, balcons, acrotères, végétation et même modèles numériques de terrain (MNT).
Pour un projet photovoltaïque en toiture, pouvoir reproduire précisément la pente du toit, la hauteur des cheminées ou encore la présence de lucarnes peut faire la différence entre une estimation réaliste et une mauvaise surprise en production. De la même manière, en milieu urbain dense, la géométrie des immeubles voisins conditionne directement les masques solaires proches et donc la durée d’ensoleillement d’une façade. Privilégiez les solutions offrant soit un modeleur 3D intégré, soit une compatibilité avec les formats de référence (IFC, OBJ, FBX, GLTF) afin d’importer vos maquettes numériques existantes.
Export des résultats en format exploitable (CSV, PDF, images)
Enfin, un bon logiciel de masque solaire gratuit doit vous permettre de valoriser facilement vos résultats. C’est là qu’intervient la possibilité d’exporter les données sous différents formats : tableaux CSV pour les exploiter dans Excel, rapports PDF pour vos dossiers de permis de construire ou d’appel d’offres, images haute résolution pour illustrer une note de calcul. Sans ces exports, vos analyses restent « enfermées » dans l’interface du logiciel, ce qui limite fortement leur réutilisation.
Idéalement, l’outil doit pouvoir fournir des indicateurs clés sur l’ensoleillement : nombre d’heures d’ensoleillement par période (jour, mois, année), pertes dues au masque solaire par rapport à un horizon plat, cartes de densité d’irradiation (kWh/m².an) ou encore diagrammes d’ombres annuels. Certains logiciels vont plus loin en permettant l’export de cartes d’irradiance sous forme de grilles raster, directement utilisables dans un SIG ou un logiciel d’analyse énergétique. Avant de choisir une solution gratuite, vérifiez donc quels formats d’export sont disponibles et s’ils correspondent à vos besoins métiers.
Sketchup et extensions gratuites pour l’étude solaire
Pour de nombreux architectes et bureaux d’études, SketchUp s’est imposé comme un outil de modélisation 3D simple et rapide. Couplé à quelques extensions gratuites ou freemium, il devient un excellent support pour réaliser des études d’ensoleillement et analyser les masques solaires. L’avantage principal : vous pouvez travailler à partir de votre maquette architecturale, sans devoir la reconstruire dans un autre logiciel.
La version gratuite de SketchUp (édition web) permet déjà de visualiser les ombres portées selon la date et l’heure, à condition de bien géolocaliser votre modèle. Mais pour aller plus loin et obtenir des indicateurs quantitatifs, il est pertinent d’ajouter des plugins spécialisés dans l’analyse solaire et la conception photovoltaïque. Voyons trois extensions parmi les plus utilisées : Skelion, Shadow Analysis et Sunhours.
Plugin skelion pour l’analyse photovoltaïque et masques solaires
Skelion est un plugin dédié à la conception d’installations photovoltaïques dans SketchUp. Sa version gratuite (plus limitée que la version professionnelle) reste intéressante pour une première étude de faisabilité solaire. Après avoir défini la localisation du projet et l’orientation de la toiture, Skelion vous aide à positionner automatiquement des panneaux solaires en optimisant leur implantation selon la surface disponible.
Pour les masques solaires, l’intérêt de Skelion réside dans son intégration avec les données d’irradiation issues de bases comme PVGIS. Le plugin peut importer l’ensoleillement moyen mensuel du site et l’appliquer à vos champs de panneaux, en tenant compte des ombres générées par les objets 3D du modèle. Vous obtenez ainsi une estimation de la production énergétique et des pertes dues à l’ombrage sans quitter SketchUp. C’est un peu comme disposer d’un « mini PVsyst » directement dans votre maquette, suffisant pour filtrer rapidement plusieurs variantes d’implantation.
Extension shadow analysis pour le diagramme des ombres annuelles
Si vous cherchez à visualiser le comportement des ombres sur une année complète, Shadow Analysis est une extension particulièrement pédagogique. Elle calcule, pour chaque point d’une surface (toiture, façade, sol), le nombre d’heures d’ensoleillement ou d’ombrage sur une période donnée. Le résultat est présenté sous forme de carte de chaleur colorée directement appliquée sur le modèle 3D : les zones très ensoleillées apparaissent en rouge, les zones ombragées en bleu.
Cette représentation graphique permet d’identifier en un coup d’œil les emplacements les plus favorables pour un capteur solaire thermique, un balcon, une baie vitrée ou une terrasse. Dans sa version gratuite, Shadow Analysis limite parfois la résolution ou la durée d’analyse, mais reste suffisant pour une analyse comparative et pour illustrer l’impact d’un bâtiment voisin ou d’un arbre sur votre projet. Pour un maître d’ouvrage, ces cartes d’ensoleillement sont souvent beaucoup plus parlantes qu’un simple tableau de chiffres.
Intégration de sunhours pour le calcul horaire d’ensoleillement
Sunhours est une autre extension orientée vers le calcul quantitatif des heures d’ensoleillement. Son principe est simple : pour une surface donnée (par exemple un toit ou une parcelle), le plugin calcule, heure par heure, si le soleil l’éclaire ou non, en tenant compte des masques solaires du modèle 3D. À partir de ces données, il est possible de déterminer la durée d’ensoleillement annuelle ou mensuelle, voire de générer des statistiques utiles pour une pré-étude énergétique.
Dans un contexte urbain, Sunhours est particulièrement pertinent pour comparer plusieurs hauteurs de bâtiment ou pour vérifier le respect de règles de gabarit liées à l’accès au soleil des parcelles voisines. Combiné à la fonction d’ombres natives de SketchUp, il vous offre un compromis intéressant entre simplicité de prise en main et précision géométrique. Vous n’obtiendrez pas tous les raffinements d’un outil de simulation thermique dynamique, mais pour une étude de masque solaire rapide, c’est un allié précieux.
QGIS avec l’extension UMEP pour la cartographie solaire urbaine
Lorsque l’on quitte l’échelle du bâtiment isolé pour s’intéresser à un quartier, une ville ou un versant de montagne, les outils de type SIG (Système d’Information Géographique) deviennent incontournables. QGIS, logiciel libre et gratuit, est aujourd’hui une référence dans ce domaine. Grâce à son écosystème de plugins, il permet de réaliser de véritables cartes d’ensoleillement à grande échelle, en s’appuyant sur des modèles numériques de terrain (MNT) et de surface (MNS).
Parmi ces plugins, UMEP (Urban Multi-scale Environmental Predictor) se distingue par ses modules dédiés à l’analyse solaire et aux études de climat urbain. Il s’agit d’un ensemble d’outils développés par des chercheurs, particulièrement adapté aux études d’îlots de chaleur urbains, mais aussi à la planification solaire. Si vous travaillez sur un plan climat-air-énergie, un PCAET ou une stratégie photovoltaïque communale, QGIS + UMEP constitue une combinaison très puissante et 100 % gratuite.
Module shadow generator pour les masques d’obstacles
Le module Shadow Generator d’UMEP permet de calculer les ombres projetées par les bâtiments et les éléments de relief à partir d’un modèle numérique de surface. En pratique, vous fournissez une couche raster ou vectorielle représentant la hauteur des obstacles (bâtiments, végétation, topographie) et le plugin génère, pour une date et une heure données, une carte binaire « soleil / ombre ». En répétant l’opération sur une série d’heures, il devient possible de dériver un indicateur de temps d’ensoleillement cumulé.
Ce type d’approche est particulièrement utile pour identifier les toitures les plus favorables au photovoltaïque, ou les rues potentiellement défavorisées en lumière naturelle. On peut comparer cela à une radiographie de la ville vue sous l’angle du soleil : les zones blanches sont celles « baignées » de lumière, les zones sombres celles en permanence masquées. La précision dépend bien sûr de la résolution du MNS utilisé, mais elle est souvent suffisante pour des décisions de planification stratégique.
Analyse spatiale du rayonnement solaire avec SEBE
SEBE (Solar Energy on Building Envelopes) est un autre module clé d’UMEP pour l’analyse de l’ensoleillement. Contrairement à Shadow Generator, qui se focalise sur la présence ou non d’ombre, SEBE estime l’irradiation solaire globale (directe + diffuse + réfléchie) reçue par chaque pixel d’un modèle de surface, sur une période définie (souvent l’année entière). Il prend en compte la position géographique, la topographie, l’orientation des surfaces et les statistiques météorologiques du site.
Le résultat est une carte en kWh/m².an qui permet de hiérarchiser le potentiel solaire des toitures et façades. SEBE est particulièrement apprécié pour la réalisation de cadastres solaires urbains, ces cartes interactives qui indiquent aux propriétaires si leur toit est adapté à une installation photovoltaïque. Pour un chargé de mission énergie-climat, disposer d’un tel outil en logiciel libre est un atout majeur face aux solutions propriétaires souvent coûteuses.
Exploitation des modèles numériques de terrain MNT et MNS
La qualité des analyses solaires produites avec QGIS et UMEP dépend largement des modèles numériques de terrain (MNT) et de surface (MNS) utilisés. Le MNT décrit l’altitude du sol nu, tandis que le MNS inclut les objets surélevés comme les bâtiments et la végétation. En France, par exemple, les données LIDAR HD mises à disposition par l’IGN permettent d’atteindre une résolution de 1 mètre, ce qui est suffisant pour des études à l’échelle d’un îlot ou d’un quartier.
Concrètement, vous pouvez importer ces rasters altimétriques dans QGIS, les recouper avec les parcelles cadastrales, puis lancer les modules UMEP pour produire des cartes de masques solaires et d’irradiation. Pour des zones montagneuses, l’utilisation d’un MNT haute résolution permet également d’évaluer l’influence du relief sur l’heure réelle de lever et de coucher du soleil, un enjeu critique pour les vallées encaissées. C’est un peu l’équivalent numérique du « masque solaire lointain » calculé par des outils comme HelioMask, mais à l’échelle du territoire.
Pvsyst en version démo pour les études d’ensoleillement préliminaires
PVsyst est l’un des logiciels de référence mondiale pour la conception et l’optimisation des centrales photovoltaïques. S’il s’agit d’un outil payant, son éditeur propose une version démo gratuite qui peut rendre de précieux services pour des études d’ensoleillement préliminaires. Certes, cette version est limitée en taille de projet et en possibilités d’enregistrement, mais elle permet de tester les fonctionnalités clés, notamment le calcul d’ombrage et l’analyse de production.
Dans PVsyst, le module « Near Shadings » permet de modéliser les masques solaires proches (bâtiments, arbres, structures) en 3D, puis de calculer un facteur de réduction d’irradiation sur les champs de panneaux. L’algorithme tient compte de la hauteur du soleil, de l’azimut et du pas de temps choisi, et peut produire des courbes de pertes par ombrage en fonction des mois de l’année. En version démo, vous ne pourrez pas sauvegarder tous vos projets, mais vous aurez accès à cette logique de calcul très aboutie, utile pour valider ou comparer les résultats d’autres outils gratuits plus simplifiés.
Autodesk insight et ladybug tools dans le flux de travail BIM
Avec la généralisation du BIM (Building Information Modeling), de plus en plus de bureaux d’études cherchent à intégrer l’analyse d’ensoleillement directement dans leur maquette numérique. Deux grandes familles d’outils gratuits ou partiellement gratuits se détachent : d’un côté les services cloud d’Autodesk, comme Insight, accessibles avec certaines licences éducatives ou d’essai ; de l’autre, l’écosystème open source Ladybug Tools, centré autour de Rhino et Grasshopper.
Ces solutions ne sont pas forcément les plus simples à prendre en main pour un débutant, mais elles offrent un niveau de détail et une flexibilité remarquables pour les projets complexes. Elles permettent notamment de connecter les données climatiques EPW, la géométrie BIM et des moteurs de calcul avancés (Radiance, EnergyPlus, Honeybee) pour produire des analyses solaires poussées : diagrammes d’ensoleillement, cartes de facteur de lumière du jour, bilans d’irradiation sur les façades, etc.
Grasshopper et composants ladybug pour rhino
Ladybug Tools est une suite de composants open source pour le logiciel Rhino et son modeleur paramétrique Grasshopper. Le composant Ladybug lui-même se spécialise dans l’analyse environnementale de base : import de fichiers EPW, calcul de la position du soleil, tracé de diagrammes solaires et visualisation d’ombres sur des géométries 3D. À partir de là, vous pouvez construire des scripts personnalisés pour répondre à vos besoins spécifiques en étude d’ensoleillement.
L’avantage de cette approche paramétrique est la possibilité de tester très rapidement de nombreuses variantes de conception : orientation de bâtiments, profondeur de brise-soleil, hauteur de végétation, etc. Chaque modification de votre modèle se répercute automatiquement dans les calculs d’ensoleillement. C’est un peu comme disposer d’un laboratoire virtuel où vous expérimentez en temps réel l’impact de vos choix architecturaux sur l’accès au soleil.
Diagramme solaire stéréographique et analyse horaire
Parmi les outils les plus appréciés de Ladybug, on trouve le diagramme solaire stéréographique, qui permet de projeter la course du soleil sur une année complète dans un repère azimut / hauteur. Sur ce diagramme peuvent être superposés les masques solaires issus de votre modèle 3D, sous forme de courbe d’horizon. Vous visualisez alors immédiatement quelles zones du ciel sont obstruées, et à quels moments de l’année.
À partir de cette base, il est possible de calculer des indicateurs horaires d’ensoleillement pour chaque surface de votre bâtiment : combien d’heures de soleil direct une façade reçoit-elle en hiver ? Une fenêtre donnée sera-t-elle exposée aux rayons bas du soleil couchant en été ? Grâce au lien avec les fichiers EPW, ces analyses peuvent être couplées à des calculs de gains solaires et de risques de surchauffe, ce qui est particulièrement utile dans une démarche de conception bioclimatique.
Climate studio pour revit en mode évaluation
Pour les utilisateurs de Revit, plusieurs options existent pour intégrer l’analyse solaire dans le flux BIM. Autodesk propose son propre environnement Insight, mais des solutions tierces comme Climate Studio (développé par Solemma) se distinguent par la richesse de leurs fonctionnalités. Climate Studio n’est pas un logiciel entièrement gratuit, mais il propose des versions d’évaluation et des licences académiques permettant de tester ses capacités d’analyse d’ombrage et de lumière du jour sans investissement initial.
En pratique, Climate Studio s’interface avec Revit pour récupérer la géométrie BIM, puis utilise Radiance comme moteur de calcul pour simuler l’ensoleillement, la luminance et les facteurs de lumière du jour. Vous pouvez générer des cartes d’irradiation sur les façades, évaluer l’impact des auvents et brise-soleil, ou encore vérifier le respect de critères de confort visuel. Pour un architecte en phase concours ou APS, cette possibilité de produire des analyses visuelles et chiffrées à partir du modèle BIM est un vrai plus, même si l’outil dépasse le cadre strict des « logiciels gratuits ».
Alternatives web gratuites et applications en ligne spécialisées
Tout le monde n’a pas besoin d’un environnement BIM complet ou d’un SIG avancé. Pour des questions plus ponctuelles – vérifier la trajectoire du soleil sur un terrain, estimer sommairement l’irradiation sur une toiture, relever un masque solaire lointain – des applications web gratuites peuvent suffire. L’avantage est double : aucune installation à prévoir et une prise en main souvent intuitive, accessible depuis un simple navigateur.
Ces outils en ligne reposent généralement sur des bases de données publiques (cartes satellites, modèles numériques de terrain, fichiers météorologiques) et sur des algorithmes astronomiques éprouvés. Ils ne remplaceront pas un calcul détaillé pour un appel d’offres de centrale solaire, mais constituent d’excellents supports pour un pré-diagnostic, une étude comparative ou une sensibilisation de vos clients à la notion d’ensoleillement.
Suncalc pour la trajectoire solaire géolocalisée
SunCalc est l’un des services en ligne les plus simples pour visualiser la trajectoire du soleil en tout point du globe. Après avoir saisi une adresse ou cliqué sur la carte, l’outil affiche les azimuts de lever et de coucher du soleil, ainsi que la hauteur solaire à différents moments de la journée. Vous pouvez choisir une date quelconque de l’année pour voir évoluer ces paramètres, ce qui est très utile pour anticiper l’ensoleillement en été comme en hiver.
SunCalc ne calcule pas à proprement parler les masques solaires, mais il permet de comprendre rapidement si un terrain est plutôt orienté vers le sud ou s’il sera pénalisé par un relief environnant. Combiné à une visite sur site, où vous notez la position des obstacles majeurs (immeubles, arbres, talus), cet outil fournit une première base de réflexion pour juger de la pertinence d’une installation solaire ou de l’ouverture de baies vitrées.
PVGIS de la commission européenne pour les données d’irradiation
PVGIS (Photovoltaic Geographical Information System) est un service développé par le Centre Commun de Recherche de la Commission Européenne. Entièrement gratuit, il fournit des estimations d’irradiation solaire et de production photovoltaïque pour l’Europe, l’Afrique et une partie de l’Asie. En entrant les coordonnées de votre site, l’outil calcule l’irradiance moyenne journalière et mensuelle, ainsi que la production d’une installation PV pour une puissance donnée.
PVGIS ne modélise pas les masques solaires proches, mais il prend en compte la couverture nuageuse et les statistiques météo sur plusieurs années, ce qui en fait une excellente base pour vos études d’ensoleillement. Vous pouvez aussi y tester l’effet d’une inclinaison ou d’une orientation différente, ce qui est très pratique pour comparer un toit existant à une structure au sol optimisée. Pour un pré-dimensionnement solaire, avant de passer sur un logiciel plus détaillé, PVGIS est souvent l’outil de référence.
Horizon profile tool pour les relevés de masques à distance
Enfin, pour caractériser le masque solaire lointain – celui créé par le relief et les objets situés à grande distance – il existe des outils en ligne capables de générer un « profil d’horizon ». À partir de votre position GPS, ces services interrogent un modèle numérique de terrain global et tracent la hauteur angulaire de l’horizon pour chaque azimut. Le résultat peut ensuite être exporté sous forme de tableau ou de courbe, et utilisé dans un logiciel de simulation solaire.
Ce type d’outil est particulièrement utile lorsque vous ne pouvez pas vous rendre facilement sur site, ou lorsque le relief environnant est complexe (vallées, crêtes, barres rocheuses). En quelques clics, vous obtenez une approximation de l’heure réelle de lever et de coucher du soleil pour votre projet, bien plus représentative que la simple durée de jour théorique basée sur la latitude. Couplé à des applications mobiles comme Sun Surveyor ou Sun Seeker sur le terrain, il vous permet de fiabiliser vos études de masques solaires tout en restant sur un ensemble de solutions gratuites ou très peu coûteuses.